Chapitre 14: Fais de beaux rêves, Gérard

Chapitre 14: Fais de beaux rêves, Gérard
Aussi étrange que cela puisse paraitre, je me souviens exactement de ce qui m'arriva pendant mon coma. J'étais dans un monde merveilleux, comme dans un rêve. Je voilais dans le ciel, montré sur un ornithorynque étrangement ailé. La vile bête se mit à enchainer loopings et virages, si bien qu'elle me fit tomber au sol. Je me trouvais sur un chemin de sable. Autour, c'était un trou de verdure où chantait une rivière, arrachant follement aux herbes des haillons d'argent, où le soleil de la montagne fière luisait. C'était un petit val qui moussait de rayons. J'avançais au hasard, ouvrant un portail où l'on pouvait lire en lettres d'or :
« Bienvenue dans le monde des rêves. Prix d'entrée : un camion en pleine tête »/
J'avais payé, c'était la première fois que je ne resquillais pas à l'entrée d'une fête. Un petit moustachu m'accueillit : « Salit-Salut, cher voisinou ! » Je continuais mon chemin quand je vis à nouveau la jeune fille blonde poursuivre un lapin blanc armé d'une montre à goussets. Je me mis à la suivre : elle était mignonne, quand même, quoi qu'un peu jeune. Après une bonne dizaine de minutes de course, je tombais sur une marée de lapins blancs. Il y en avait partout, eux aussi équipés d'une montre, réunis devant une scène monumentale. Notre lapin était heureux, il était juste à l'heure. Sur la scène, Guy Lux, un flamand rose à la main en guise de micro annonçait :
« Et maintenant, le moment que vous attendiez tous : les numéros 1 du top50 avec leur tube « Je n'ai pas le temps de dire au revoir, je suis en retard en retard », Alexei Ivanovicth et les ZZ TOP. Surgit le russe, acclamé par l'assemblée qui faisait claquer sa monstre à gousset en guise d'applaudissement. Derrière, trois grands barbus, sans instruments. L'un d'eux commença à se gratter la barbe, produisant ainsi des sons mélodieux. Alexei commença à chanter :
« Je n'ai pas le temps –han –han –han de dire aure-re-re-revoir-hoir-hoir ».
Les lapins exultaient. Les ZZ Top continuaient la musique avec leur longue barbe. Derrière, la chorégraphie était assurée par cinq énergumènes : un ouvrier, un motard, un GI, un cowboy, un indien. Pendant ce temps, je tentais de draguer la petite blonde à la buvette. J'appris qu'elle se nommait Alice, mais elle refusa mes avances. Déçu, je commençais à partir quand les petits animaux blancs, dont le spectacle était terminé, se ruaient sur l'unique chemin de ce monde mystérieux. Je fus emporté par une marée blanche. Il faut reconnaitre qu'un lapin, c'est particulièrement doux. Je réussis à m'extirper enfin du groupe. Je poursuivais ma route.
« Winston, je suis... ton père !
-Nooooooo ! Impossible ! »
Devant mes yeux se combattaient Dark Vador et l'ancien premier ministre britannique Winston Churchill. Le combat faisait rage, mais Churchill avait quelques problèmes à manier sa tronçonneuse contre le sabre laser de son adversaire. Ils s'arrêtèrent de quelques instants pour me saluer puis reprirent de plus belle. Quel drôle de monde, vraiment ! Et plus j'avançais, plus je croyais délirer. Autour d'un étang, l'ours Baloo chantait « Il en faut peu pour être heureux » en se trémoussant avec Lucille. Plus loin, les ZZ Top, revenus de leur concert, étaient en train de régler leurs comptes à coups de barbe assassine. Des avocats, des notaires et des requins échangeaient les nouvelles du métier autour d'un verre. Je croisais même le Petit Prince me demandant de lui dessiner un mouton. Tout semblait contre moi. Je partais en courant, effrayé, lorsque je tombais sur une scène des plus terrifiantes. Le Grec, un genou au sol, demandait en mariage Satan lui-même ! Il se retourna vers moi, et je vis un lueur démoniaque bruler dans ses yeux. J'hurlais encore plus fort.

« Il s'est réveillé ! »
Mon père hurla de joie. J'étais couché dans un lit d'hôpital.

# Posté le lundi 03 novembre 2008 12:03

Modifié le jeudi 05 février 2009 14:14

Chapitre 15 (1ère partie) : Qui veut la peau de Bernard le breton?

« Il s'est réveillé ! »
Mon père hurla de joie. J'étais couché dans un lit d'hôpital.
« Voila trois mois que tu es ici ! Ta mère et moi désespérions de te revoir un jour en vie », dit mon père en riant. Ma mère trouva que cette plaisanterie n'avait pas été dite au moment le plus opportun et lança un regard noir en guise de réprimande à son époux. Elle me serra fort dans ses bras, laissant quelques larmes couler sur ses joues. Elle n'avait plus l'air dépressif, et souriait.
« Tu m'as manqué, me murmura-t-elle. Maintenant, il est hors de question que tu retournes dans un squat insalubre avec un portoricain...
-Cubain ! la coupais-je
-Oui, peut-être, mais on les connait les cubains...
-Comment avez-vous su pour mon accident ?
-L'hôpital nous a prévenu très rapidement, et ...
-Et comment avez-vous appris où je vivais ? L'interrompais-je encore.
-Ton amie nous a prévenues. Comment s'appelle-t-elle ? Une blonde, charismatique....
-Lucille ! m'exclamais-je.
-Voila, c'est ça, Lucille. Et maintenant, zou, en voiture Simone ! »
Elle paraissait euphorique, gambadait, plaisantait. Ils me ramenèrent à Issy les Moulineaux. Une fois arrivé, lavé et repu, je me décidais enfin à poser une question qui me taraudait l'esprit :
« Comment vais-je faire pour travailler ? J'ai été nommé chef de pompe, à Paris ! »
En réponse, mon père déposa devant moi un extrait de journal :

« Une pompe à essence parisienne s'enflamme.
La petite station essence des magasins Carrefour aura connu bien des troubles. Tout d'abord, l'arrestation de son directeur, pour torture envers une star de la chanson. L'accusé, immigré grec, est actuellement sous les verrous. Ensuite, le nouveau directeur fraichement nommé tombe dans un profond coma. Dans l'urgence, monsieur Carrefour décida de nommer un autre employé pompiste : un certain Bernard, né de parents bretons à la carrure d'un haltérophiliste. Alors que tout se déroulait bien depuis plus d'un mois, ce fameux Bernard jeta son mégot de cigarette dans la cuve d'essence. Il n'y a pas eu de blessés, mais il ne reste plus rien de la station essence du supermarché Carrefour. L'enseigne a renvoyé tous les pompistes, déclarant qu'elle ne reconstruira pas de pompes de si tôt. »
Je tombais effaré. On m'avait remplacé par un incapable. De surcroit, cet incapable me fit perdre mon emploi ! C'en était trop ! Je sautais du fauteuil sur lequel j'étais assis, j'attrapais au vol les clés de la Volkswagen de mes parents, un couteau de boucher et la fraise de dentiste de ma mère puis partais en courant. Mon père n'arriva pas à me rattraper. Je roulais déjà en direction de la capitale. Je savais où le lâche breton habitais, et le fait qu'il mesure approximativement le double de ma taille ne me faisait pas peur.
Je ne prenais pas le temps de garer la voiture, la laissant en plein milieu de la rue. Je jaillissais sur le palier de Bernard et donnais des grands coups dans la porte, en hurlant des injures. La brute m'ouvrit, vêtu d'un peignoir rose. J'en tombais mon couteau sur le plancher. Le voir ainsi m'avait presque ôté l'idée de le découper en petits morceaux à la fraise de dentiste. Il avait un verre de vin à la main, et écoutait du Wagner. J'entrais et je laissais tomber sur son canapé. Ce n'était pas le grand luxe chez lui, mais c'était assez convivial. Nous nous regardions, sans dire mot. Au bout d'une dizaine de minutes, il se décida à enfin prendre la parole :
« Tu voulais me faire la peau, hein ?
-Ecoute, Bernard, j'étais malheureux et ...
-Et moi ? Evidement que je le suis. Je suis aussi au chômage, et sans indemnités moi ! Ah, si seulement j'avais éteint ma ciragette. »
Il éclata en pleur. Derrière son air primitif, il était si sensible. Peiné, il me vint à l'esprit une idée grandiose :
« Et si nous allions ensemble chez Total, directement demander de nous embaucher ? On m'a vaguement parlé de la responsable du secteur parisien, une certaine Mélanie. On m'a vanté ses dons, et son extrême gentillesse ! Elle ne pourra que nous embaucher ! »
Le breton éclata de joie, en jetant en l'air son peignoir. Nous nous donnions rendez-vous pour le lendemain devant le siège de Total, et je me dépêchais de partir, la vue de Bernard à moitié nue me donnant une légère nausée.
Chapitre 15 (1ère partie) : Qui veut la peau de Bernard le breton?

# Posté le vendredi 14 novembre 2008 05:22

Modifié le samedi 15 novembre 2008 13:08

Chapitre 15 (2ème partie): L'expédition

Le lendemain, il était au rendez-vous, beau comme un camion, au pied d'une tour assez impressionnante. Les lettres TOTAL faisaient de l'ombre. Un frisson nous parcouru le corps au moment d'entrer dans le temple de la pompisterie. A l'intérieur, tout était propre, blanc, bien ciré. Tellement bien que Bernard en tomba sur les fesses. Nous dirigions vers l'accueil. Un petit homme, arborant un badge marqué à son prénom, François-Sébastien, nous reçu avec un grand sourire :
« Bonjour messieurs ! Comment puis-je aider ces messieurs ?
-Nous aimerions voir madame Mélanie.
-Je vais voir ce que je peux faire. Mais je dois vous prévenir, madame Mélanie possède dans son bureau des tableaux de Dali. Vous serez déçu, il n'y a pas Baba. Dali, Baba, Ali Baba ! «
L'individu éclata de rire pendant cinq bonnes minutes, alors que je lançais à Bernard des regards interloqués. Il daigna enfin appeler son supérieur, qui arriva rapidement. Je le reconnu facilement. Horreur, Simon Simon, à stylo Waterman calé contre oreille, travaillait maintenant pour Total. Avec ces deux drôles, leur patronne devait rire souvent.
« Tiens, on se connait ! me dit-il, avant de rajouter : alors comme ça, vous n'êtes plus chez Carrefour ? Pourquoi souhaitez-vous voir madame Mélanie ? Je suis son secrétaire, maintenant, et je ne la laisserais pas voir n'importe quel bandit dans votre genre. Ne parlez pas à de tels énergumènes, François-Sébastien. Vous me dérangez pour rien ! »
Je n'eu pas le temps d'ouvrir, qu'il repartit. Quel snob ! Quel escroc !
« Ah, lui, un jour je vais le tuer ! Pestait François-Sébastien
-Faîtes vous violence, mon ami, lui conseillais-je ». Je me rendis compte que son humour était vraiment irrécupérable quand il me répondit qu'il ne s'appelait pas Florence.
Ah, j'enrageais ! Il fallait que cet idiot de Simon Simon vienne compromettre tous mes plans ! Mais nous étions bien décidés à nous infiltrer et à aller rendre visite à la fameuse Mélanie par surprise. Un soir, Bernard était venu chez moi, avec l'intégrale des films de James bond en cassette. Nous comptions user des mêmes ruses. Un plan sortit vite de mon génial cerveau. Cependant, à deux, nous n'allions pas le réussir. Je décidais donc de convoquer de vieilles connaissances : Jean-Baptiste, Cléante le gardien de zoo, Guillermo le cubain, Castor et même l'ancien roi déchu de l'école d'en face, Gilbert, devenu éboueur à Saint-Denis.
Tous arrivèrent les uns après les autres, ne sachant évidement pas ce que nous préparions. Pour rajouter un côté énigmatique à la réunion, qui avait lieu dans le salon de mes parents, nous portions un bandeau sur l'½il gauche. Un grand rideau cachait un panneau d'affichage. Lorsque l'assemblée fut bien assise, un verre de cognac à la main –oui, une réunion d'agents secrets sans cognac, c'est comme le Grec sans fouet, ça perd son charme-, Bernard tira le rideau, laissant apparaitre un gigantesque plan du siège de Total. L'exposé dura deux bonnes heures. Le but était de nous permettre d'être entendu par la patronne de Total. Tous les autres auraient du carburant gratuit si Total nous embauchait. Tous acceptèrent de nous aider. Soudain, un rire sadique retentit dans la pièce. Alphonse était de retour, ses longs cheveux lui couvrant une partie du visage. Nous étions prêt à lui bondir dessus et à le balancer par la fenêtre, mais j'eu une idée de génie : et si nous l'utilisions dans nos plans ? Il serait parfait pour faire diversion ! Nous attrapions Alphonse, le retenant alors qu'il chantait du Michel Sardou, pendant que Cléante courrait au zoo, chercher une cage. Nous y enfermions Alphonse, pour le relâcher le jour J. Le coup était prévu pour la semaine suivante.

# Posté le samedi 15 novembre 2008 13:07

Chapitre 15 (3ème partie): C'est la guerre

5 heures du matin. Mon réveil automatique me chante « Haili hailo ». Le jour était enfin de venu de retrouver un emploi. Je sortis de la maison familiale sans faire de bruit. Devant, Bernard m'attendait dans une petite voiture de location. Tout avait répété une quarantaine de fois. Tous les plans du bâtiment avaient été épluchés, le service de sécurité décortiqué, le personnel fiché. Nous ne pouvions que réussir. Toute la troupe nous attendait dans un hangar, à quelques mètres de l'immeuble. Tous étaient vêtus d'une tenue de camouflage kaki. C'était Bernard qui l'avait décidé, il n'avait pas compris que des vêtements de civil seraient plus adéquats en pleine ville. L'équipe de choc était composé de Castor, Jean-Baptiste, Guillermo Djoba, le roi de la rumba, Alphonse, Cléante, Gilbert, Toufik qui avait accepté à mon grand étonnement la mission, Alexei Ivanovitch, puis Bernard et moi, bien sûr. Nous libérions tout d'abord Alphonse de sa cage. Il entra dans le grand bâtiment de verre de Total et se dirigea vers François-Sébastien, qui s'occupait de l'accueil.
« Je peux vous aider ? lui demanda ce dernier.
-Vouiiiii.... Viens danser le twist avec moi, mon fou ! »
Et c'est alors que ce bougre de François-Sébastien se mit à danser avec lui. Et le bruit de leurs pas sur le carrelage entraina Alexei Ivanovitch qui ne put se retenir d'aller danser avec eux. La place était libre. Nous nous faufilions derrière le bureau d'accueil et avancions discrètement. Il fallait franchir le premier portail, qui donnait sur l'espace réservé aux cadres de l'entreprise. Pour le garder, deux brutes épaisses étaient postées là. C'est là que Cléante devait intervenir. Le vieux gardien de zoo, incontinent, avait bû de l'eau fraiche toute la nuit. Il ne pouvait plus se retenir, et arriva en courant vers les gardes ,les suppliants de le laisser aller aux toilettes. J'avais bien prévu mon coup : il n'y avait des toilettes qu'au premier étage, dans le département si sécurisé des cadres de l'entreprise. Et comme prévu, les deux gorilles accompagnèrent notre ami. Le portail était resté ouvert. Je jetais un rapide coup d'½il à notre plaisantin de l'accueil mais il était encore occupé à danser un twist déchainé. Le portail donnait sur un grand escalier de marbre. En haut des marches, de grands bureaux, tout de verre, afin que tout le monde voit tout ce qu'il se passe tout le temps et partout. C'était maintenant à Toufik, Guillermo et Gilbert d'aller au front. Nous avions repéré trois interrupteurs, qui permettaient de fermer d'épaisses grilles en métal, privant ainsi tous les employés de voir ce qu'il se passait à l'étage. Le trio devait être synchronisé, pour éviter qu'une personne, étonné de voir les rideaux du voisin se baisser, donne l'alerte. Il n'y avait aucun moyen de se cacher, il fallait être rapide, net et précis. A mon signal, les trois hommes se mirent à courir comme si leur vie en dépendait à direction d'un interrupteur chacun et se dépêchèrent de l'enclencher. Les grilles de fer se fermèrent alors que les employés, déroutés, tentez de sortir en urgence. Ils étaient bel et bien bloqués. Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'ils avaient le téléphone. L'alarme antieffraction retentit. Ah, les fourbes ! Maintenant, il fallait courir vers l'ascenseur au bout du couloir. Horreur, une grille juste devant l'ascenseur était en train de s'abaisser. Bernard, Castor et moi eûmes juste le temps de se faufiler. Le chapeau de Castor, emprunté à une représentation en cire de Davy Crockett, failli rester de l'autre côté de la grille, mais le garçon le rattrapa à temps. Nos trois compagnons étaient pris au piège. Que faire maintenant ? A l'arrivée de l'ascenseur, des gardes nous attendraient sûrement. Je décidais dans la panique de sortir par la trappe de secours, situé en haut de l'ascenseur. Nous étions maintenant trois intrus coincés dans la cage d'ascenseur. Habile, j'appliquai les leçons de James Bond à la lettre, montant après le câble épais. Une sortie d'urgence, en haut ! Je m'y hissais le premier. Castor eut plus de mal. Etions-nous sauvés ? La sortie que nous avions prise donnait sur un long couloir blanc. C'était le 21ème étage, il n'en restait plus que deux pour réussir la mission. Les bureaux y étaient déserts, toute l'assemblée devant nous attendre à l'ascenseur quelques étages plus bas. Au bout était installé un poste de garde. Nous progressions doucement, pour ne pas risquer d'alerter les surveillants. Mais nous constations que le poste était abandonné. Cependant, on entendait une drôle de chanson au bout de l'étage :
« Tirelipimpon sur le Chihuahua
Tirelipimpon avec la tête avec les bras ! »
Plus loin, dans un bureau laissé vide, deux vigiles avaient installés une télévision et écoutaient ravis la chanson de Carlos, en dansant en rythme. Nous rampions afin de passer inaperçu. Trop occupés à entonner « Le tirelipimpon », ils ne nous virent pas. Plus loin, nous traversions une salle avec de nombreux micros. Soudain, Bernard se retourna :
« Ben il est où Castor ? »
La réponse nous fut rapidement donné par les hauts-parleurs de l'immeuble. Castor s'était arrêté aux micros et chantait l'Internationale :
« Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère
C'est l'éruption de la fin
Du passé faisons table rase
Foules, esclaves, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout

C'est la lutte finale
Groupons-nous, et demain
L'Internationale
Sera le genre humain»
La puissante main de gorille de Bernard arracha Castor à ses micros. Quelle idée d'emmener un enfant ! Au bout de la salle, un nouvel ascenseur. Hélas, la porte métallisée commençait à se refermer. Mon compagnon breton et moi-même nous glissèrent de justesse dans l'ascenseur. Un grand bruit sourd retenti contre la porte. Castor avait oublié de se baisser. C'était maintenant trop tard pour lui. L'enfant retourna à ses chants révolutionnaires, qui bercèrent notre ascension.
Le 22ème étage se profilait devant nous, l'étage du terrible Simon Simon. L'assistant de la patronne y avait installé ses bureaux. Nous aurions pu monter directement au 23ème, mais j'avais envie de donner une leçon à mon ancien conseiller de l'ANPE. Dehors, un violent orage donnait le ton : la lutte serait impitoyable. De grandes en bois donnaient l'accès sur son bureau et ses appartements privés. Je comptais aller frapper à l'une d'elle pour le faire sortir, mais je n'en eu pas besoin. Le fourbe était déjà dans le couloir marbré à côté d'une statue, à son effigie bien sûr.
« Vous ? Vous êtes énormes, jamais en « Low battery », jamais fatigués. Mais je vous méprise ! Allez vous faire pendre ! » Hurla-t-il. Bernard se mit à courir en sa direction lorsqu'il activa une manivelle. Une trappe s'ouvrit du sol, faisant apparaitre une cage solide. Une trappe dans du marbre ? Simon Simon était très doué. Mais, horreur, la cage contenait celui qui avait juré ma perte : le terrible Grec. Simon ouvrit la cage avant de s'enfuir dans son bureau en riant. Le Grec faisait voler une lourde chaine au dessus de sa tête. J'aurais beaucoup rit s'il s'était assommé, mais il était hélas doué pour les armes. La chaine claqua violement contre l'épaule de Bernard avant que celui-ci eut le temps de se sauver. J'étais pris au piège, mon acolyte à terre. Le tyran était lui plutôt relaxé, chantant « Lookin' out my backdoor » de Creedence d'un air décontracté. Je me jetais sur le corps de mon ami. Soudain, j'aperçu dans la poche de son blouson une bouteille d'eau bénite qu'il avait rapporté de son séjour à Lourdes. J'ouvrais le flacon et en aspergeais le Grec. Le monstre hellène se mit à crier, horrifié par ce symbole religieux :
« Ah, je fonds ! »
Il semblait comme tétanisé, ne bougeant plus, comme effrayé par ce qui allait lui arriver. Je pu lui arracher sa chaine et l'assommer avec. Je tapotais Bernard, qui se releva doucement. Son épaule le faisait souffrir, mais il voulait continuer l'aventure. Et le tonnerre frappait de plus en plus la tour de verre. La porte du bureau de Simon Simon était entrouverte. Il se cachait derrière un épais fauteuil. J Heureusement, j'avais encore tout prévu : j'avais attaché un stylo Waterman et un fil de nylon et le lançait dans la pièce. Intrigué et ne pouvant résister à l'appel de l'objet, l'homme tenta de l'attraper, une fois, deux fois, trois fois, se rapprochant inexorablement de la porte où nous étions cachés. Lorsqu'il arriva enfin à nous, il fut aussitôt violement frappé par Bernard avec la chaine du Grec. Le combat prenait fin. Nous primes l'escalier qui menait au nirvana. En haut de cet escalier, une porte où l'on pouvait lire : « Madame Mélanie D., Directrice ». Fougueux comme toujours, je poussais la porte le premier.

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 12:53

Modifié le mercredi 19 novembre 2008 10:44

Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore

Même si l'on n'a pas encore reçu de demande, nous vous mettons quand même cette petite vidéo.





Tirelipimpon sur le chihuaha!

Ok je vous laisse profiter , ne me huez pas.

# Posté le vendredi 21 novembre 2008 15:21

Modifié le samedi 22 novembre 2008 05:34