Chapitre 9: Une prison, deux psychopates et moi

Chapitre 9: Une prison, deux psychopates et moi
« Comment va mon bébé ? ». C'était mon père qui se tenait devant moi. Il avait l'air de s'être inquiété, à en voir l'état des ongles de ses mains. Ma mère, elle, restait en retrait. Elle avait bien esquissé un maigre sourire, mais elle avait la tête ailleurs. D'affreux cernes lui rongeaient le visage.
J'appris plus tard que ce fut-elle qui, venu faire le plein, me vit gisant et m'amena à l'hôpital. S'en était suivie pour elle une crise de dépression. Une fois revenue à la maison, je constatais qu'il n'y avait plus un recoin sans qu'une boite d'antidépressif traine. Elle me fit promettre de ne plus lui refaire des frayeurs pareilles. Mais je sentais qu'il y avait autre chose.
Je fus dispensé d'aller au lycée pour un mois, histoire de revenir à mon état normal. Faudrait que je tente de mettre fin à mes jours plus souvent, moi. Ma mère avait fermé son cabinet de dentiste pour mieux s'occuper de moi. Moi qui imaginais une vie de rêve, pouvoir dormir des heures et des heures, me prélasser, et qu'on allait céder à tous mes désirs, je me trompais lourdement. Ma maman dépressive me mit au travail. Il fallait rattraper en un mois toute une scolarité ratée. Je compris enfin ce qu'elle ressentait : elle ne voulait plus que je suive la voie de la pompe à essence. Le pire était qu'elle m'enfermait comme en prison. Je ne pouvais plus sortir de ma chambre, et la fourmillait de pièges me condamnant à y rester éternellement. Un jour, elle partit « faire les courses ». Je savais bien que ses « courses » étaient en fait un stage chez les dépressifs anonymes. Mais peu importe, j'étais bien décidé à m'échapper et enfin voir le monde extérieur. Commençait pour moi un dur combat contre la montre. Il fallait que je démonte, puis remonte tous les pièges avant le retour de maman. Impossible. Sauf si je les évitais. Je commençais à vouloir sortir de mon lit, mais un jet de jus d'ananas m'arrosa en pleine figure. Elle était maligne, mais je l'aurais. Tout d'abord, je vidais ma bibliothèque sur mon lit pour faire cesser l'arrosage automatique contre adolescent fugitif. Un système ingénieux de contrepoids m'aspergeait dès que la charge sur le lit n'était plus suffisante. Pour compliquer la tâche, le sol était un pare-terre de cactus solidement liés. Les pieds arrachés, alors que l'arrosage séchait enfin, je tenais d'ouvrir la porte. La poignée enlevée, ce n'était pas très pratique.... Je serais bien sortis par la fenêtre, mais la marâtre l'avait condamné. J'étais condamné, en pleurs, je me jetais contre la porte de désespoir. Une fois, deux fois... La troisième, je tombais par terre de l'autre côté de la porte, le nez devant deux grands pieds.
« Je t'ai ouvert la porte, mon canard ! C'est trop fort ! » Alphonse était là, encore là. Son rire démoniaque me glaça le sang. Je ne pouvais m'échapper sans combattre cet énergumène. Je le poussai dans les escaliers. Alphonse dégringola jusqu'à bas, et s'étala sonné devant la porte. Je l'enjambai et parfait en courant dans la rue. Jamais on ne me reverra ici ! Jamais !

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 12:27

Modifié le mardi 12 août 2008 06:15

Hors série Numéro 2: Bon anniversaire, Lucille!

Hors série Numéro 2: Bon anniversaire, Lucille!
[C'est l'occasion de fêter l'anniversaire de Lucille et de la personne qui l'a inspiré, de ce hors série. Régalez vous, bande petits chanceux :) ]



Ah, Lucille... Comment pourrais-je l'oublier ? Je me souviens de tous les détails. Comme lors de son anniversaire, pour ses seize ans. Elle nous avait invités à le fêter chez elle. Je m'étais fais tout beau. Beau comme un camion, comme aurait dit tonton Henri, qui était chauffeur routier. Enfin bref, je n'avais négligé aucun détail. Il me fallait être impeccable. Même deux peccables, si j'osais les jeux de mots de mes collègues pompistes ! On a beau dire, mais on a de l'humour chez les pompistes ! Enfin bref, j'étais parfait. Lucille n'habitait pas très loin, je n'avais qu'à traverser le quartier. Mais lorsque je traversai la rue, une grande voiture noire manqua de m'écrasait. Heureusement, j'eu le bon reflexe de sauter dans le fossé. Les roses que j'apportais à Lucille étaient intactes. Mais la voiture revint en arrière, et roula sur les fleurs restées sur la route. La portière s'ouvrit, et je vis le grand sourire démoniaque de Toukif, qui me fit un grand « Coucou » démoniaque. J'arrivais à la fête, roulé dans la boue dans tous les sens du terme, et sans cadeau. Tout le monde était déjà arrivé. Jean-Baptiste, Ophélia, Carolie, Bernard.... Même Castor était là. Bon, je ne savais ce qu'il faisait, mais vu qu'il était toujours partout. Lucille m'accueillit avec un grand sourire et me conduit aux invités en véritable maitresse de cérémonie. Bien sûr, j'avais l'air d'un clochard. J'étais pitoyable. Soudain, je vis par la fenêtre que la voiture noire « tait garée juste devant la maison. Mais dans la fête, j'oubliais vite ce qu'il m'était arrivé. En moment, tout le monde se tut. Un grand gâteau arrivait. C'est une pièce montée de mariage, à en voir les deux petits époux en plastique qui trônaient sur la pâtisserie. Lucille en paraissait étonnée elle-même.
« Regardez, regardez, on tire un feu d'artifice d'une valeur de 800 francs et 23 centimes ! » s'exclama Jean-Baptiste, qui avait une calculette à la place des yeux.
Tout le monde se pressa. Dans le ciel brillait la phrase « Lucille, veux-tu m'épouser ? », formée par les feux d'artifices. La principale concernée en tira une larme et me sauta dans les bras. Non, ce n'était pas moi le responsable, mais bon, je n'allais pas me plaindre. Soudain, tout le monde se retourna vers le gâteau. Des danseurs venant de Yougoslavie ou d'un autre pays exotique étaient là, et représentaient devant nous un spectacle de danse traditionnelle de leur Pays. Personne n'en croyait ses yeux. L'un d'eux attrapa la reine de la fête et l'invita à se joindre à eux. Elle avait l'air de bien s'amuser. Lorsqu'ils terminèrent, l'un d'eux jeta un fumigène, et ils disparurent dans la fumée. Lucille était bien décidée à enfin commencer à manger le gâteau. Elle enflamma les deux petits mariés qui y trônaient, décidant qu'ils allaient servir de bougie. Encouragée par toute l'assemblée, elle s'apprêta à souffler quand un drôle de zouave jailli de la pièce montée.
« Coucou Chérie ! Veux-tu m'épouser ? demanda Toukif, qui venait de sortir de ce gâteau en carton.
-Toukif, c'était toi ? Comme c'est mignon, s'exclama Lucille, sous le charme.
-Et Gérard, lui, ne t'a rien offert ! Choisis moi, Lucille, et nous partirons au pays imaginaire de Peter Pan combattre le capitaine Crochet et la Castafiore avec un homard et des lapins !
-Heu.... Je préfère réfléchir... »
Soudain, je sautai sur le monstre. Il avait tenté de m'éliminer, le fourbe ! Lucille hurlait et nous suppliait de nous arrêter. Je le laissais gisant au sol, après lui avoir refait la façade. Mais une odeur de brulé affola mes narines. Les deux petits mariés du gâteau avaient mis le feu à la pâtisserie, faite en carton pour que Toukif puisse en sortir. J'eu un temps envie de jeter l'abominable professeur au feu, mais pris de pitié, je l'aidais à sortir de chez notre hôte. J'étais seul contre les flammes, tout le monde était sorti paniqué. Je couru remplir un seau d'eau, et au bout de plusieurs essais, le feu commença à s'éteindre. La fête allait pouvoir continuer. Lucille me sauta dans les bras, à juste titre cette fois ! Je ne m'étais pas improvisé pompier pour rien, quand même ! Quand elle m'étreignit pour me remercier, je remarquai au sol une rose rouge, qui n'avait succombé aux flammes. Elle avait dû glisser des poches à Toukif. C'était ma rose, intacte. Je l'attrapais, et lui offrais.
« Bon anniversaire, Lucille... »

# Posté le lundi 28 juillet 2008 04:09

Modifié le mardi 12 août 2008 05:39

La vie est belle chez Shell!

Si vous trouvez d'autres video de se genre n'hesitez pas a nous les envoyer !
Je me ferais un plaisir de les mettrent en ligne avec un lien vers votre bolg et/ou profil
Merci d'avance et a bientot !
Amicalement Gérard

# Posté le mardi 23 septembre 2008 14:42

Modifié le mercredi 24 septembre 2008 08:19

Chapitre 10 : Gérard, sans domicile fixe (ni emploi)

Chapitre 10 : Gérard, sans domicile fixe (ni emploi)
J'avais sauté dans le RER le plus rapide pour Paris. J'avais 17 ans et demi, et j'étais seul. Tout petit dans cette grande ville. Au bout d'une journée de recherche, avec seulement quelques faibles économies, je trouvais un squat près d'une station essence Total. C'était un vieil immeuble inhabité. Ce n'était pas le luxe, mais j'allais rester là jusqu'à ce que je trouve un travail. L'endroit était plaisant, ma foi ! On sentait même l'odeur d'essence provenant de chez Total en face. Mais j'allais vite déchanter. Au bout de deux semaines, je n'avais toujours pas trouvé de travail. Je passais mon temps à l'ANPE, l'agence Nationale Pour l'Essence, sans résultat. Un soir, de retour de recherches malheureuses, je vis que mon squat avait été occupé. J'avais apparemment de nouveaux colocataires. On pouvait entendre une musique exotique :
« Je suis Sancho, y'ai le sang chaud pour la rumba. A jouer des maracasses, je fais Tchiktchiky boum tchik tchiky boum... »
Je me demandais sur quel drôle de zouave j'étais tombé. Soudain, il sortit comme un diable d'une boite à ressort.
« Holà amigo, me llamo Guillermo Djoba ! me dit-il.
-Hola, je m'appelle Gérardo lo pompisto, comprendo ? Lui dis-je dans un espagnol plus qu'approximatif.
-Si si, señor, me llamo Guillermo Djoba ! »
J'étais tombé sur un dingue ! Au bout de deux heures d'efforts, j'appris que c'était un immigré cubain, qui s'était fait avoir par l'homme qui l'a fait passer en Europe. Il pensait arriver en Espagne, il a atterrit à Paris. Il avait un petit chapeau mexicain, une guitare à la main et une barbichette. Bref, le cliché parfait du sud-américain. Il était inquiétant, Guillermo. En effet, au bout de cinq minutes de discussion, il mangeait. Je ne savais pas trop ce qu'il mangeait, il le prenait dans un grand sac. Il avait d'ailleurs l'air de manger tout ce qui lui tombait sous la main. Quand son sac fut vide, il s'attaqua au plâtre des murs. Il répétait aussi sans cesse « Yo quiero comer y golpear. » Mon peu d'espagnol et surtout mon incroyable capacité d'analyse me permis de comprendre qu'il aimait manger. Non, c'est vrai ? Par contre, je ne comprenais pas « golpear ». Mais je ne tardais pas à comprendre. Après avoir mangé et discuté deux minutes, l'étranger se mit à frapper violement la porte de la chambre où nous nous présentions. Puis il me sauta dessus, m'étrangla, me frappa violement le ventre, puis se rassit, tout calme, continuant la conversation. Effrayé par l'animalité de ce personnage, je préférais barricader la pièce abandonnée qui me servait de chambre. Le lendemain, je retournais à l'Agence Nationale pour l'Essence. C'était un grand bureau, où se réunissaient les chercheurs d'emplois dans tout ce qui touchait de près ou de loin au pétrole. Quand on arrivait, une vieille mégère qui occupait l'accueil nous attribuait une conseillère personnalisée. La mienne, c'était Julie Goutdefer. Elle était gentille, mais notre première entrevue m'avait choquée. En effet, elle n'était pas capable de suivre le fil normal d'une conversation et ne riait à mes blagues, pourtant si drôles :

« Alors, monsieur Gérard, vous cherchez un travail de pompiste. Quelles sont vos compétences ?
-J'ai souvent regardé les Shadocks. Ils pompaient, les Shadocks !
-Haha, le comique ! Et moi, j'ai mangé une glace au chocolat hier, en regardant un bon vieux film des années 50. Vous saviez que c'était l'âge d'or du cinéma ? Et sérieusement, vos compétences ? ».
Julie faisait souvent du hors sujet. Mais elle s'avérait au bout de quelques rencontres quelqu'un de doux et sensible. Mais toute douce et toute sensible qu'elle soit, elle ne me trouvait pas de travail ! Comme disait Jean-Marie, un ami à mon papa, les femmes c'est bon pour rester au foyer ! C'est alors qu'on m'attribua comme conseiller Simon Simon. Son prénom, c'était Simon. Son nom de famille, c'était Simon. J'ai mis un bon moment à le comprendre. Je croyais qu'il bégueillait. Mais celui là ne savait pas non plus suivre une conversation. C'était une maladie !
« Pour votre travail de pompiste, je penses qu'on parlera beaucoup de mai 68 quand Chirac mangera des pommes au salon de l'agriculture ! ». Cette phrase m'avait laissée sans voix. Et il en faut pour faire un pompiste ! Je ne savais pas qui était ce Chirac, ni qu'est-ce mai 68 et les pommes venaient faire là. Après avoir gentiment étranglé mon assistant, il daigna me donner un rendez-vous : à 19 heures sous la Tour Eiffel. Discret comme rendez-vous. Le soir arrivé, je m'y rendis, caché sous un passe-montagne.

# Posté le lundi 08 septembre 2008 12:53

Modifié le lundi 08 septembre 2008 13:45