Chapitre 5: Bienvenue au lycée!

Chapitre 5: Bienvenue au lycée!
A mon retour, qu'est-ce que j'ai pu prendre ! Mon père était spectateur, c'était ma mère la tortionnaire dans l'histoire. Des gifles, des punitions, d'autres gifles, d'autres punitions. Mon compte était bon jusqu'à la fin de l'année de 3ème. Une des nombreuses punitions -comme promener le chien, sortir toutes les poubelles, laver la maison trois fois par jour, danser le mambo dans la rue, en tutu, et portant un panneau « Je suis un vilain fugueur »-, c'était de continuer ma scolarité jusqu'au lycée. Ma mère était persuadée que j'allais devenir un bon dentiste, et il me fallait donc continuer mes études. Mon père avait hurlé, mais la vile femme eu le dessus. J'entrais donc au lycée d'Issy. Aller au lycée, c'était comme aller se pendre. Tant de temps perdu ! Le lycée ne m'apprendra pas comment servir de l'essence aux gens. Le seul point positif, c'était que je retrouvais mes amis du collège, ainsi que certains de primaire ! Bernard, le bourrin breton, était revenu de la maison de redressement. Il était devenu tout sage, et chantait continuellement sur un petit air de boy-scout: « Je suis un vrai petit garçon,
Gentil, poli,
Serviable, aimable, sociable
Si je suis méchant, frappez violement !
Si je suis vilain, privez-moi de pain ! ».
C'était insupportable, aux limites de l'éc½urant. Dans ma classe, je retrouvais tout ce beau monde. Même Lucille était là. On ne se demandait pas pourquoi madame Surlot et Toukif avaient été mutés dans ce lycée.
Dans cette classe, il y avait une seule inconnue. Son père voulait l'appeler Carole, sa mère Coralie. Ils ont tranchés en l'appelant Carolie. Elle était gentille Carolie, mais j'ai toujours soupçonné chez elle une sévère schizophrénie. C'était même plus que des soupçons : elle était schizophrène. Un temps, elle était habitée par une blonde déjantée chantant Chabadabada à longueur de temps. L'autre partie du temps, elle était habitée par une brune plus réservée. Quoi qu'il en soit, elle était marrante. Elle me rappelait un peu Alphonse, le côté psychopathe en moins.
Les journées au lycée étaient épuisantes, bien que j'étais absent la moitié du temps. L'autre moitié , j'occupais le bureau du surveillant. Je crois avoir copié plus d'un million de fois la phrase « Je ne ferais plus l'imbécile en cours ». J'avais pris le coup de main ! Le lycée, c'était pour moi une grande cour de jeu et d'amusement. J'avais décidé de battre le record de punitions en une année, car notre professeur de français nous avait dit que battre un record, ça faisait toujours bien sur un C.V. Je possédais la technique : j'emmenais la petite radio que l'on m'avait offerte pour Noël, je montais le son en plein cour, me trémoussant sur un rythme endiablé. Tout le monde m'applaudissait en cadence, et une fois, Lucille était même venue danser avec moi. Mais comme c'était en français, nous ne fumes pas renvoyer. Elle avait gâchée mon numéro ! A part lors de cet épisode, je ne passais pas plus de cinq minutes en salle de cours, quittant la pièce sous une salve d'applaudissements. Mais lors de mon tout premier renvoi, je ne fis pas le fier. On m'avait conduit dans une salle sombre, un peu comme un placard. Il n'y avait qu'un petit bureau, et des sortes de diplômes. Une fois franchie, la porte s'était violement refermée sur moi. Je me croyais seul, et riais de cette punition ridicule, l'enfermement dans un placard, quand j'entendis des pas lourds. Il y avait un couloir étroit qui menait à cette salle. Au bout, quelqu'un approchait. Je riais moins, d'un coup. Qu'allait-il m'arriver ? Je reculais, et tapais pour ouvrir cette satanée porte et m'échapper, mais elle restait fermée. Soudain, je vis arriver dans la pièce un homme, enroulé dans une cape noire.
« -Qui êtes-vous ? bégayais-je faiblement
-Je suis.... Molaire
-Noooooonnnn »
J'hurlais de terreur. Molaire, c'était le pire surveillant que le monde libre eut connu. Un jour, Albert l'avait croisé, et depuis, on n'a plus jamais entendu parler de lui. Le bruit circulait qu'il avait été transformé en fantôme, punit à tirer un coffre de pirate. Je tremblais, je criais, j'hurlais, mais personne ne m'entendait. J'attrapais des dès posés sur le bureau et lui les jetaient à la figure. Hélàs, ce n'était pas des dès piégés et il les attrapa sans difficulté. Mais il s'était approché, et je me rendis compte qu'il ne portait pas une cape mais un très long manteau. Ce n'était pas non plus une gorgonne, comme j'avais cru. Mais peu importe, c'était un monstre. Ce que je prenais pour des diplômes étaient en réalité des bulletins de colle, qu'il avait soigneusement encadrés au dessus de son bureau. Je frissonnais. A côté de lui, Cortez, le terrible conquistador, était un petit un chanteur à la croix de bois.
« Je suis ... Molaire, le surveillant du lycée Léonard Yves Conrad Edmund d'Effradas. Et voici mon apprenti, monsieur Unservopouruite » dit-il en montrant un grand imbécile qui se cachait sous le manteau de son maitre. Il sortit alors de la pièce, me laissant seul avec l'apprenti. J'ai dégusté, mais cela ne m'a pas découragé. J'avais juré de battre un record, je tiendrais ma promesse.



# Posté le jeudi 05 juin 2008 14:35

Modifié le dimanche 08 juin 2008 11:56

Karaoké Esso

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 04:50

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 08:40

Chapitre 6: Premières frayeurs

Chapitre 6: Premières frayeurs
En plein milieu d'année, je me suis rendu à l'anniversaire d'Ophélia. Ophélia Hiver, c'était la copine de Jean-Baptiste, le radin. C'était lui qui avait organisé son anniversaire. Mais au lieu de louer une salle, et faire une vraie fête, il avait préféré une visite du zoo municipal. Il n'y avait pas non plus de grands gâteaux, mais des petits beurres (c'était moins cher). Le problème, c'est que mettre seize bougies sur un petit beurre, c'est pas très pratique. Ophélia était enchantée que Jean-Baptiste se soit donné tant de mal pour elle. Du mal, tu parles ! Pour économiser quelques centimes, qu'est-ce qu'il ne ferait pas ! Je connaissais bien le gardien du zoo. C'était un vieux voisin, Cléante. Il avait des problèmes d'incontinence, ce qui le contraignait à passer sa journée aux toilettes ? Nous avions donc profité d'une de ses nombreuses absences pour se faufiler sous la barrière, sans payer. Je ne vous explique même pas la joie de Jean-Baptiste.
Avec Lucille, on avait l'impression d'être suivis. Cette impression se confirma quand nous aperçûmes Toukif et Mme Surlot étrangement déguisés en flamants roses. Ils nous espionnaient ! Ni Ophélia ni les autres invités ne s'en étaient aperçus.
C'était bien mignon les animaux, mais j'avais l'impression d'être en primaire. Je m'extirpai doucement du grand groupe et m'éclipsai. Personne ne me vit partir. Tout allait bien, quand je vis un petit de mon quartier, Boris, plus connu sous le nom de Castor, celui qui jouait avec ses crottes de nez. Le problème, c'est qu'il était enfermé dans l'enclos des castors. Je lui demandai ce qu'il faisait là, mais n'obtins pour seule réponse qu'un long jet de salive contre la vitre. Il ne parlerait pas, c'était sûr. Soudain, un rire aigu et terrifiant me parvint aux oreilles. Ce rire m'était comme familier...
« On se retrouve enfin ! C'est trop fort ! Viens me faire un câlin, pour fêter nos retrouvailles ! »
Alors je ne me trompais pas. Il y a de cela cinq mois, Alphonse m'avait suivi.... Maintenant qu'il avait retrouvé ma trace, qu'allais-je faire ? M'enfuir et le dénoncer à la police ? Non, Gérard n'est pas une balance. Quoi alors ? L'assommer et lui faire comprendre de garder ses distances ? La deuxième solution me semblait la meilleure. Alors, sans réfléchir, je donnai un coup de pied au jeune homme, ce qui l'envoya directement dans le bassin à crocodile. Sans même me retourner, je courru retrouver le petit groupe « festif » qui finissait sa ballade.

# Posté le dimanche 08 juin 2008 11:32

Modifié le lundi 06 octobre 2008 10:44

Régis à la pompe a essence

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 06:33

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 08:41

Chapitre 7 : Les fourberies de Toukif

Chapitre 7 : Les fourberies de Toukif
Plus l'année avançait et plus je me sentais proche de Lucille. Elle restait sourde aux appels désespérés de Toukif, et lui refusait ses avances avec un dédain proche du comique, comme la fois où il lui a déclamé un poème en plein cours. Elle se contentait de lui répondre un « non » qui brisait lui brisait le c½ur et provoquait chez moi un rare fou rire. Mais le bougre sentait en moi un danger, et il voulait m'écarter. Son plan était absolument diabolique. Tout commença un jour où il me demanda de rester à la fin du cours avec lui. J'étais inquiet, il ne m'avait plus convoqué depuis l'histoire de la lettre à Lucille, au collège. Je m'attendais à le voir sortir l'artillerie lourde, ou pire, à me faire promettre de m'éloigner de Lucille sous la torture. Mais au lieu de cela, il enfila une écharpe marquée « Paris champion », au couleur du club de mon c½ur, le Paris Saint-Germain. Et le meilleur de l'histoire, c'est qu'il me proposa d'aller voir le match de l'année avec lui au Parc des Princes : le PSG contre l'Olympique de Marseille. C'était un rêve, mais mes parents n'avaient jamais eu l'envie de dépenser une fortune pour m'emmener voir un tel match. Sous l'effet de la surprise, j'eu envie d'embrasser Toukif, mais je me retins. Il me parut être un homme formidable, que dis-je, un Dieu ! Mais j'allais vite déchanter. Le match était prévu en mai. Le professeur vint me chercher chez moi. Il n'avait rien oublié : maillots, shorts, casquettes, montres, écharpes aux couleurs de Paris. Il était venu à pied. Nous allions prendre un car spécialement affrété pour les supporters parisiens, qui stationnait sur une aire de repos, aux abords d'Issy. Nous trouvâmes vite ce car. Je trépignais d'impatience d'arriver au stade, et nous chantions des chansons de supporters pour nous détendre. C'était un grand car blanc qui se profilait devant nous. Les vitres étaient teintées, c'était la grande classe ! On devinait des chants festifs, de l'extérieur. Toukif me proposa de rentrer le premier, et me conseilla même d'hurler « Vive le PSG » pour mettre les autres supporters en confiance, et mieux m'intégrer à la bande. J'entrais donc, et appliquais son conseil. Mais les réactions des gens présents me donnèrent peur. Ils hurlaient « A bas Paris », scandant à tue-tête « Allez l'OM ». Le bus était blanc, leurs casquettes étaient blanches, leurs maillots étaient blanc ! Blanc, comme l'Olympique de Marseille ! Le plaque d'immatriculation marquée « 13 » aurait dû me mettre en garde ! Je me retournais, mais Toukif n'était plus là. Le fourbe m'avait trahi, pour avoir Lucille à lui tout seul ! Quel lâche ! J'allais faire demi-tour quand la porte du car se referma derrière moi. J'étais pris au piège, à nouveau. Le conducteur, peu commode, me fit signe d'aller m'assoir. Il restait une place, tout au fond, entouré par deux braves gaillards faisant le double de ma taille. Je m'assis, et tout le monde me regardait. Soudain, un gros moustachu qui me servait de voisin de droite leva son bras. Je me protégeais, mais au lieu de me frapper comme je le pensais, il me tapota la tête et me demanda, avec son fort accent du sud, qui ressemblait un peu à celui de Mme Surlot : « On t'a fait une vilaine blague mon garçon, heing ? » Je lui expliquai toute l'histoire. Pris de colère, ils décidèrent de m'aider à me venger.
Arrivés au stade, nous n'eûmes pas de mal à retrouver le vil fourbe. Nous le vîmes dans la queue à l'entrée. Il était tout en joie, et sautillait. Un mot tomba de ses poches, qu'un de mes « nouveaux amis » me fit parvenir. Ce message m'horrifia :
« Lucille, Lucille c'est moi je sais, il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de vous,
Sans trop savoir pourquoi. Toujours regarder devant soi, sans jamais baisser les bras. Je sais, c'est pas le remède à tout, mais faut se forcer parfois...
Mais pourquoi te dis-je ça, douce Lucille ? Car Gérard a disparu. J'ai essayé de le sauver, mais c'était trop tard ! Je reste là pour toi, pour consoler ton chagrin. Je t'aiderai à t'en remettre, je serais là pour toi.
Toukif »

Décidément, quelle crapule ! Mais je ne pouvais pas lui sauter dessus, sinon mon année scolaire aurait été finie. Seulement, mes amis du sud, eux, le pouvait. Le plus fort d'entre eux, c'était mon copain moustachu. Momo la masse qu'ils l'appelaient. Il attrapa par le col mon petit professeur, et l'envoya valser quelques mètres plus loin. La foule regarda, et apeurée, ne dit rien. Même les frêles agents de sécurité n'osèrent intervenir. Un membre du groupe lança « Maintenant, tu laisses le gamin tranquille, ou tu nous recroiseras, foi de Corsica ! ». Son accent était différent. J'appris qu'il venait plus du sud encore. De Corse, précisément. Les marseillais l'appelaient Corsica. Je ne m'en doutais pas à ce moment, mais il deviendra un précieux allié dans plusieurs années.

# Posté le lundi 16 juin 2008 08:22

Modifié le lundi 11 août 2008 09:44