Une vieille Pub comme on n'en fait plus de nos jours

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 04:44

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 08:39

Chapitre 3: Dur dur d'être au collège!

Chapitre 3: Dur dur d'être au collège!
Nous avions préparé un coup d'état pour le 18 novembre, comme Napoléon en son temps. Près d'une centaine d'élèves de 6ème, armés de règles en fer de cahiers et de c½urs de b½uf fournis par madame Surlot, notre prof de sciences qui était amoureuse de moi. Tout était prévu à un détail près : les mafieux de 3ème avaient embauché les pleutres de 4ème et 5ème. Nous allions disputer une bataille dans la cour, et quand j'ai vu l'armée ennemie, j'ai fais pipi dans ma culotte. J'avais de quoi. Ce fut une hécatombe. Partout, mes plus fidèles généraux, payés à coup de bille, tombaient dans la boue.
« Jean-Baptiste, NON ! ». Mais ce bougre était parti en courant, un cahier à la main, pour assommer un 3ème. Il était plutôt agile, dansait entre les lignes adverses, mais reçut un grand coup de règle sur la tête. Je le regardais, gisant et pleurant : « Dîtes à ma maman que je l'aime. », quand on m'attrapa par l'épaule.Les chef mafieux de 3eme m'avaient retrouvé et ils commencèrent a me rouer de coup. Mais le plus horrible fut quand ils prirent mon gouté de 10h, celui de 12h pour compléter le repas de la cantine et celui de 16h et qu'ils les mangèrent devant moi. Ce spectacle fut horrible pour mes petits yeux innocents. C'est alors que Mme Surlot, avec son bel accent du Sud, leur cria que se n'etait pas biengue de maltraiter les pauvres 6eme. Elle venait de me sauver.
« Eh bieng, tu t'es pris beaucoup de paing ? Regarde, il y a du sangue » m'avait-elle dit.
Sans que je puisse répondre, elle m'emmena rapidement en salle des professeurs. Alors c'était ça, la fameuse salle secrète où les professeurs se reposent et complotent sur les élèves ? Moi qui imaginais une piscine, un restaurant, une piste de danse, un bowling, le tout gardé par un dragon me retrouvait face à la terrible vérité : la salle des profs n'était qu'un endroit banal, équipé d'une vieille machine à café et de tables. Mme Surlot partit chercher des pansements et me laissa seul avec moi-même. D'un coup, je vis par terre une lettre, entourée de petits c½urs dessinés au rouge à lèvre. Je ne pus résister à ma curiosité, et m'empara de cette lettre, qui disait ceci :
« Lucille,
Je ne sais pas comment te dire combien je t'aime. Je ne dors plus, je ne mange plus, je ne vis plus sans penser à toi. Ma vie sans toi est un enfer, et tu y apporterais la lumière nécessaire pour éclairer enfin ma triste existante. Pendant tous les cours qui nous avons en commun, je ne te lâche pas du regard, attendant toujours que tu donnes la bonne réponse. Et tu ne me déçois jamais. L'autre jour, j'ai bien sentis que ton monologue s'adressait à moi. J'ai compris qu'il était tant pour moi de t'avouer ce que j'ai sur le c½ur. Je ne vois que toi, je ne veux que toi. Caresser tes beaux cheveux blonds, tenir enfin ta main, t'embrasser. Je sais que notre amour ferait parler. Nous n'avons pas le même âge, pas la même autorité, pas la même vie. Nous sommes de deux milieux différents. Je sais que ce n'est pas raisonnable. Mais peut-on raisonner un homme amoureux ?
Rejoins-moi vendredi à 15 heures, derrière le collège. Vivons enfin notre amour !

Signé Toukif, qui t'aime à la folie ».

A peine j'eu terminé que l'on m'arracha la lettre des mains.
« C'est à moi, ça ! » hurla mon prof de français. Il ne m'aimait pas. Maintenant, j'en savais trop, et il avait une bonne raison de m'éliminer. Alors la belle Lucille, notre délégué, était aimée par un professeur ! Qu'est-ce que les copains auraient rit si je leur avais dis ! Toukif leva sa main, comme pour me gifler, mais se ravisa quand la porte s'ouvrit à la volée, laissant apparaitre madame Surlot armée de compresses et pansements. Honteux, mon tortionnaire me chuchota de venir le voir le lendemain dans sa salle et de ne pas dire un mot d'ici-là. Madame Surlot me soigna bien. Elle savait y faire. Elle était douce, madame Surlot. Une fois remis sur patte, je jurai de ne plus recommencer et d'attendre mon tour pour faire régner la loi.

Le lendemain, comme promis, j'étais allé voir Toukif mais il n'était pas seul. Lucille était assise sur une table, l'air grave. Ils me fixaient tous les deux, comme attendant quelconque parole de ma part. Et moi je ne disais rien, et je m'efforçais de réprimer un rire nerveux. Eux, ils n'avaient pas l'air de vouloir rire. Enfin, mon professeur m'adressa la parole :
« Combien ?
-Combien quoi ? lui répondis-je innocemment
-Combien de fois devrais-je transformer les 2 que tu récoltes la plupart du temps en français en 20, pour que tu te taises sur ce que tu as lu ? »
Il était vraiment dérangé par cette affaire. De mon côté, j'entendais en profiter. Au bout de vingt minutes de négociations acharnées, j'obtins l'assurance d'avoir 20 de moyenne dans sa matière, ainsi que des vacances prématurées jusqu'à la fin de l'année, Lucille ayant acceptée de faire tous mes devoirs. Le silence, ça se paye. La prochaine fois, peut-être réfléchiront-ils à ne pas faire trainer des lettres partout.

# Posté le mardi 27 mai 2008 12:14

Modifié le mercredi 28 mai 2008 11:45

Quand c'est ESSO c'est loin d'etre bete !

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 04:47

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 08:40

Chapitre 4 : La fugue

Chapitre 4 : La fugue
Et l'année de 6ème s'écoula paisiblement, suivie de la 5ème et de la 4ème. Arrivé en 3ème, le pouvoir ne m'attirait plus. Lucille ne faisait plus mes devoirs, ayant rompus avec Toukif. J'étais toujours aussi mauvais. Mais la 3ème fut l'année où j'ai enfin trouvé l'amour. Audrey, ma voisine depuis toujours, avait enfin cédé à mes avances. Certes, elle était assez malaimée du porcinet. Mais je l'aimais quand même, ma petite Audrey. Elle était en 5ème, ayant redoublé deux fois. Mais ce n'était pas de sa faute. C'était Toukif qui avait décidé de se venger de moi et de la faire galérer. A cet âge là, j'avais une mobylette. Mais attention, pas n'importe quelle mobylette ! C'était la « Gé », que je l'avais surnommée. J'emmenais souvent Audrey à travers la campagne sur ma « Gé ». Je me souviens qu'une fois, on descendait dans le sud. Il parait que c'est beau le sud. On s'arrêtait, par-ci par-là, dès qu'on trouvait un bar avec quelques ivrognes et des camionneurs, pour leur tenir la causette. Mes parents n'aimaient pas que je parte comme ça, et que je boive, mais j'en avais marre de leurs interdictions. Je faisais ma vie. J'étais partis en pleine nuit, sans leur accord. Ils ne savaient pas où j'étais, et tant mieux. Quoi qu'il en soit, un jour, on arriva dans un charmant petit village du nom de Neussargues. On s'était installés au camping du coin. Joli petit endroit, j'étais heureux. Mais ma joie allait vite diminuer. Audrey était en furie. Selon elle, j'avais passé le voyage à admirer les pompes à essence. Je poursuivais n'importe quelle pompe à essence. Balivernes, je voulais juste voir comment elles étaient faites par ici. Ça lui a pas ma plus, à ma Audrey. Alors qu'elle hurlait dans un langage incompréhensible, je pris mes cliques et mes claques et partis à pied à travers la campagne, sur un coup de colère. Qu'allais-je faire ? Qu'allais-je devenir ? Etais-ce la fin prématurée de Gérard le pompiste ? Au bout d'un chemin, en pleine nuit, une lumière, et une grande ferme. Je m'approchai, et toquait à la porte, un petit sac sur l'épaule.
« J'arriiiiiiiiive ! ». Le cri m'avait effrayé. J'allais faire demi-tour mais une grande main poilue m'en empêcha. Ce n'était pas un gorille, mais un drôle de bougre emmitouflé dans une peau de mouton. Il n'avait plus de cheveux sur le haut du crâne, et on avait l'impression que ces derniers avaient poussé sur ses bras. L'étrange personnage me questionna sous la pluie :
« Oh, mais qu'est-ce qu'un petit plaisantin fait ici ? avait-il dit tout souriant.
-Je cherche un refuge pour la nuit. Il pleut, j'ai faim, j'ai froid, j'ai peur, lui répondis-je.
-Oh oh oh, tu es ici chez toi ! Viens vite mon garçon, je t'offre un Coca, quelques cerises, et zou, au lit les petits loups ! Mais demain, tu m'aideras à tondre Huguette ! »
Devant mon air effaré, il me précisa qu'Huguette était son mouton fétiche. Elle était spacieuse, sa maison, quoi que rustique. Ça sentait un peu la chèvre, mais c'était mieux que rien. Il me fit m'assoir sur un grand canapé usé par le temps et entama la conversation. Il fut un temps ingénieur chez Michelin, mais partit sur un coup de tête élever des chèvres. Il avait deux enfants, une fille de mon âge, et un fils de trois ans son ainé, Alphonse. Il était marrant Alphonse, bien qu'il me fasse un peu peur avec son rire sadique. J'allais partager la chambre avec sa s½ur, couché sur un vulgaire tapis. Elle était fan des Beatles. Il y avait des posters partout, mais le pire, c'était qu'elle chantonnait tout le temps, même dans son lit. Las d'entendre « Yesterday » en boucle alors que je tentais de m'endormir, je lui demandai d'arrêter d'entonner des chants manouches. Ma remarque la mit hors d'elle. Elle se leva d'un peu bond, me souleva par le col, et bien que deux fois plus petite que moi, elle me mit K.O. en un coup de poing.
« Tu dis pas ça des Beatles, pauvre naze ! » hurlait-elle.
Le nez en sang, j'avais compris qu'il ne fallait plus que je fasse le malin. Je me cachais enroulé dans mon tapis, honteux et confus, jurant que l'on ne m'y reprendrait plus.
Le lendemain, l'ancien ingénieur m'avait réveillé aux aurores en jouant du cor. En plus, il avait la sale manie de rire de tout. Alors, quand il m'emmena dans l'étable et que j'essayais de tondre Huguette, qu'est-ce qu'il a rit ! Moi beaucoup moins.... La bête se débattait férocement. Mes mains n'étaient peut-être pas assez douces. En tout cas, c'était sûr, je ne serais jamais éleveur de chèvres.
Une fois la tonte effectuée, j'ai couru rejoindre Alphonse. Mais quelque chose dans son regard était pire que d'habitude. Il me fixait avec de grands yeux ronds effrayants, et commençait à me dire des horreurs. Je reculais, prêt à m'échapper. Il avançait, un couteau de table à chaque main, me proposant de sceller notre fraternité en faisant un câlin. Horrifié, j'ouvrais la porte à la volée, et partais au courant de la ferme. Jamais ils ne me reverraient, eux.
« Gérard ! ». Audrey m'avait retrouvée en pleine campagne. Elle m'enlaça tendrement, et éclata en pleurs. Je ne lui voulais pas de mal à ma Audrey, mais elle avait enfin compris qu'il ne fallait pas m'embêter. Je suis un caïd, pas le genre à me faire dominer par les femmes ! J'appris plus tard que c'était un peu comme ça, le monde des pompistes. Quoi qu'il en soit, nous repartîmes directement vers Issy les Moulineaux. Trop d'angoisse, trop de frayeurs, trop de pleurs. Nos vacances étaient fichues, ma fugue aussi. En route, j'eu l'impression qu'une vieille moto nous suivait. Les retrouvailles m'avaient certainement fait tourner la tête, du moins c'est ce que je pensais....

# Posté le mercredi 28 mai 2008 11:47

Modifié le mercredi 11 juin 2008 10:18

J'en connais un qui va pas etre content en voyant le prix de son plein

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 06:43

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 08:41