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Chapitre 2: Gérard 1er, roi de la cour de récré

Chapitre 2: Gérard 1er, roi de la cour de récré
C'était un beau jour de mars. Le plus beau jour de ma vie à l'époque, avant que je devienne pompiste. Il y avait du beau monde : Castor, le garçon qui jouait avec ses crottes de nez, Arthur, celui qui n'avait qu'une jambe et Audrey, la voisine dont j'étais secrètement amoureux. Pour l'occasion, nous avions enrôlés quelques enfants pour porter un vieux siège décoré de guirlandes, servant de trône pour mon royal postérieur. Ils devaient également porter la table liée au siège par une épaisse barre de faire. Le travail, c'est la santé ! Jean-Baptiste, mon ministre des finances, créa un nouvel impôt sur la petite taille de 30 billes par jour à tout ce qui mesurait moins d'un mètre vingt. Il possédait un certain talent pour les maths, Jean-Baptiste. Sauf que je n'ai jamais compris ses calculs, il récoltait toujours plus de billes que moi.
Nous devions financer la guerre contre l'école d'en face. Le roi Gilbert, leur souverain, était mon pire ennemi, et l'heure était venue pour moi de conquérir son royaume. Bien sûr, avec Jean-Baptiste, nous restions en retrait, confortablement installés sur des petits qui nous servaient de chevaux. J'avais rappelé Bernard, mon copain breton bourrin de la maison de redressement. Quel brave général ! Avec nos billes, nous avions pu embaucher les meilleurs mercenaires de toute la région. Nous étions enfin prêts à en découdre. Notre première ligne était formée de grands musclés, armés de branches ramassées par-ci par-là, notre deuxième ligne de lance-pierres. Des tireurs d'élite, qui ne rataient jamais leur cible. Le combat fut sanglant, mais notre tactique marcha à la perfection. Rapidement, le roi Gilbert se retrouva esseulé. Et le duel arriva. Affronte ton destin, Gérard ! Je dégainai le balai qui me servait d'épée, il m'imita. Nous nous tournions autour, il me fixait de ses petits yeux cruels et vicieux. Soudain, le premier coup parti.
« Gilbert, crève en enfer ! » Hurlais-je. Il porta un coup sur ma casserole qui faisait office de casque, mais je le désarmai et le mettais à terre. Les copains hurlaient « Gérard, le roi des épinards », car j'étais aussi fort que Popeye. Mon royaume s'agrandissait. J'étais tout puissant.
Et une fois arrivé au collège, j'espérais augmenter un peu plus mon pouvoir.

# Posté le mardi 27 mai 2008 12:13

Modifié le samedi 10 janvier 2009 13:40

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